Qui n’a jamais rêvé d’être un super héros ?

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Allons, ne niez pas… Imaginez plutôt : si quand votre boss vous enguirlande, vous pouviez le cryogéniser en un souffle glacial …Si vous pouviez arrêter d’un petit doigt le camion qui s’apprête à emboutir votre voiture… Si vous pouviez utiliser votre vision infrarouge pour éviter de réveiller toute la maisonnée en rentrant d’une soirée arrosée au Macumba…

Imaginez que vous ayez des super pouvoirs et que vous les utilisiez pour améliorer votre quotidien…

Voici un rêve relativement populaire au sein du commun des mortels. Mais imaginez maintenant, à l’inverse, que vous soyez dépourvus de super pouvoirs mais que vous désiriez réaliser des choses extraordinaires (ce qui est peut-être votre cas).

Étrange fantasme, pourtant de plus en plus répandu à en croire certaines pratiques innovantes plus ou moins dans le vent et qui se répandent autour du globe, et, vous l’aurez deviné, notamment sur le continent américain, patrie des comics et berceau des super-héros. L’un des nouveaux loisirs en vogue semble donc être de voler au secours de la veuve et de l’orphelin, de faire régner l’ordre dans les rues et de veiller sur le citoyen, avec plus ou moins de succès et dans des accoutrements dont le prestige frôle parfois le ridicule.

We could be heroes !

Cette tendance alternative, qui se propage chez les personnes sensibles au virus super-héros, parmi lesquels geeks, fans de comics, trekkies et autres doux dingues rêvant d’un monde plus rocambolesque et plus juste, a été révélée et magnifiée par la vision qu’en développe le réalisateur Matthew Vaughn dans son film Kick-Ass sorti en 2010. Ce long métrage, qui eu quelque succès au box-office — et qui a eu le droit à une suite — met en scène l’existence d’un jeune adolescent américain, chamboulée par sa décision de devenir un super-héros du quotidien, partant à la recherche des chats égarés ou des petits malfrats dans son quartier, armé d’une combinaison de plongée transformée par ses soins en uniforme et de son seul courage.

Mais, loin d’être seulement de doux rêveurs en mal d’exotisme ou de reconnaissance, les superhéros du quotidien sont parfois des personnages publics dont la crédibilité et la détermination à servir une cause sont prouvées.

Ainsi, certains citoyens revendiquent costumes et attitudes de super-héros afin de militer pour une cause, de faire entendre leur voix et d’être médiatisés plus aisément.

L’un des précurseurs de cette pratique aussi ludique qu’efficace en terme de communication fut, dans les années 1990, un certain Superbarrio Gomez, citoyen mexicain qui outre ce pseudo endosse régulièrement un costume semblable à ceux de ces concitoyens catcheurs du mouvement Lucha Libre afin de mener des actions en faveur des quartiers défavorisés de son pays. A New-York, les activistes en collant se sont regroupés au sein d’un collectif baptisé Superheroes Anonymous, qui met en avant, grâce à des actions de communication et la création d’un site web, les initiatives civiques et solidaires de ses membres, touchant à des domaines aussi divers que l’éducation, l’aide aux populations démunies à travers des collectes de fonds ou de vêtements, les patrouilles civiles etc…

Certains politiques comme le colombien Antanas Mockus, philosophe, mathématicien et candidat à tendance écolo, ont également surfé sur cette tendance en enfilant pour la bonne cause des combinaisons à l’esthétique pourtant discutable. Mais que la tendance s’inscrive en politique ou au sein de la société civile, que les initiatives soient sporadiques et isolées, ou au contraire régulières et communautaires, le message sous-jacent demeure le même, et c’est certainement ce qui fait le succès de cette dernière. Ce message est clairement symbolisé par la figure du héros ordinaire : nul besoin de super pouvoirs pour changer le monde. Le plus grand pouvoir est en possession de chacun, il s’agit de la volonté.

Prenons en de la graine !

Article : Anaïs Rouyer

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